Serait-ce le syndrome du chroniqueur en chaussettes? Car je dois bien vous l’avouer maintenant, je ne peux écrire qu’en chaussettes et par les températures actuelles et une pièce ouverte aux quatre vents, dur de ce concentrer sur sa petite bafouille. Excuse bidon ou pas, cela fait un petit moment que je tourne autour de Thao N'Guyen et de sa bande sans savoir comment m’y prendre. Une sorte de timidité devant une fraîcheur et une innocence retrouvée.Thao With The Get Down Stay Down, c’est une rencontre coup de fouet, un trop plein de tristesse dont on se débarrasse en chantant à tue-tête ces hymnes, les jours où tout part en vrille. Une bande de potes, auquel on croit appartenir, déboulant aux moments forcément inopportuns et vous hurlant à l’oreille que les « sad people dance too ».
Vous l’aurez compris, j’ai succombé à Thao sans m’affranchir du rapprochement évident avec Kazu des Blondes Redhead. Un délire incontrôlé, tout en simplicité qui bouscule les frontières du jazz, du folk, de la pop et qui sent bon les Nits sur The Clap, Cool Yourself or When We Swam.
Ne manquait plus à l’ensemble qu’une poignée de vidéos plus barrées les unes que les autres. Je vais vous faire une confidence, je crois qu’on les tient.
Know Better Learn Faster chez Kill Rock Stars.
Sortie le 13 Octobre 2009.

The Month That Was est de retour avec au programme des réjouissances downloadable pour ce mois-ci Anti-Pop Consortium, Curry & Coco, Eluvium, Eternal Summers, High Places, Lali Puna, Saycet, Violens et Yeasayer.
Il devenait urgent de sortir de l'engourdissement de l'hiver et c'est chose faite avec au programme le stratosphérique 10 Mile Stereo des Beach House, l'odeur des campus avec Surfer Blood, un Dye sorti de l'esprit tourmenté des Eternal Summers, l'électro réjouissante de MillionYoung et un retour en arrière sur les terres galoises de The Joy Formidable .
Avec une petite brise venue du nord et le retour d'El Perro del Mar, la divine surprise Real Estate, l'electro Lo-Fi de Small Black, les inusables Tindersticks et une session de rattrapage avec The Big Pink.
Rarement un album n’aura réussi à soulever autant de sentiments ambiguës, passant d’une pure jouissance psychédélique pouvant se revendiquer des Fever Ray à des expérimentations sans saveurs que j’irais presque jusqu'à qualifier de prétentieuses.
Avec au programme des festivités le My Sound de Squarepusher pour fêter les 20 ans de Warp, l'ovni Bear in Heaven, le soleil de Californie avec Thao with The Get Down Stay Down, les Danois sur un fil de The Raveonettes et le rock viril de Kurt Vile.
La sortie d’une compilation a rarement réussi à me faire lever un sourcil mais voilà Warp à 20 ans et s’affiche plus que jamais comme la référence électro que 4AD pouvait être au rock indépendant à la fin des années 80. L’opportunité était ici trop belle de redécouvrir ces trésors de bidouillage électronique ayant hanté quelques unes de mes soirées les moins conventionnelles. Car Warp c’est avant tout une formidable homogénéité conférant à ce son une identité que l’on reconnaît entre mille. Un Label dans son expression la plus juste dont on aura essayé de qualifier l’électro d’intelligente ou intello mais qui avant toute chose s’est constitué en formidable contrepoids de cette techno envahissante, et bien moins intéressante, ayant déferlé sur nos ondes.