Midzik - L'Indie d’ici de la-bas et d’ailleurs

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Chronique: Thao With The Get Down Stay Down – Know Better Learn Faster – 4.1/5

Thao_With.jpgSerait-ce le syndrome du chroniqueur en chaussettes? Car je dois bien vous l’avouer maintenant, je ne peux écrire qu’en chaussettes et par les températures actuelles et une pièce ouverte aux quatre vents, dur de ce concentrer sur sa petite bafouille. Excuse bidon ou pas, cela fait un petit moment que je tourne autour de Thao N'Guyen et de sa bande sans savoir comment m’y prendre. Une sorte de timidité devant une fraîcheur et une innocence retrouvée.Thao With The Get Down Stay Down, c’est une rencontre coup de fouet, un trop plein de tristesse dont on se débarrasse en chantant à tue-tête ces hymnes, les jours où tout part en vrille. Une bande de potes, auquel on croit appartenir, déboulant aux moments forcément inopportuns et vous hurlant à l’oreille que les « sad people dance too ».
Vous l’aurez compris, j’ai succombé à Thao sans m’affranchir du rapprochement évident avec Kazu des Blondes Redhead. Un délire incontrôlé, tout en simplicité qui bouscule les frontières du jazz, du folk, de la pop et qui sent bon les Nits sur The Clap, Cool Yourself or When We Swam. Ne manquait plus à l’ensemble qu’une poignée de vidéos plus barrées les unes que les autres. Je vais vous faire une confidence, je crois qu’on les tient.

Know Better Learn Faster chez Kill Rock Stars.
Sortie le 13 Octobre 2009.


Thao with ... - When we Swam
Thao with ... - Cool Yourself



Chronique: Bear in Heaven - Beast Rest Forth Mouth – 3.3/5

Bear_in_Heaven.jpgRarement un album n’aura réussi à soulever autant de sentiments ambiguës, passant d’une pure jouissance psychédélique pouvant se revendiquer des Fever Ray à des expérimentations sans saveurs que j’irais presque jusqu'à qualifier de prétentieuses.
John Philpot et sa troupe marchent tels des funambules sur une ligne tracée par des nappes de synthé qui s’étirent et les percussions tribales du magnifique You Do You. Une équilibre extrêmement exigeant que maîtrise si bien Karin Dreijer Anderson , mais qui ne résistera pas aux 12 titres de Beast Rest Forth Mouth. De fait le grand plongeon n’est jamais loin et la chute s’avère pour le coup particulièrement brutale sur les ennuyeux Dust Cloud ou Drug a Wheel dont on se demande encore ce qu’ils étaient sensés apporter à l’ensemble.
Un album inégal au ligne directrice assez floue et que l’on continuera à picorer pour ses vrais moments de bonheur. You Do You et Lovesick Teenagers finiront très probablement sur quelques une des compilations de fin d’année, mais pour le reste je crains que l'on ne laisse ces ours tranquillement roupiller dans leur paradis.

Beast Rest Forth Mouth chez Hometapes.
Sortie le 13 Octobre 2009.


Chronique: Warp20 (chosen) & Warp20 (recreated) – 4.0/5

Warp20__Chosen_.jpgLa sortie d’une compilation a rarement réussi à me faire lever un sourcil mais voilà Warp à 20 ans et s’affiche plus que jamais comme la référence électro que 4AD pouvait être au rock indépendant à la fin des années 80. L’opportunité était ici trop belle de redécouvrir ces trésors de bidouillage électronique ayant hanté quelques unes de mes soirées les moins conventionnelles. Car Warp c’est avant tout une formidable homogénéité conférant à ce son une identité que l’on reconnaît entre mille. Un Label dans son expression la plus juste dont on aura essayé de qualifier l’électro d’intelligente ou intello mais qui avant toute chose s’est constitué en formidable contrepoids de cette techno envahissante, et bien moins intéressante, ayant déferlé sur nos ondes.
Il est évident qu’écouter, voir aimer, Aphex Twin, LFO ou encore Boards of Canada ne s’improvise pas. C’est une histoire d’état d’esprit, de moment particulier et surtout de disponibilité. Hors de question de n’y prêter qu’une oreille distraite. Ce son s’absorbe plus qu’il ne s’écoute et il faut être prêt à faire ces expériences de fins de soirées qui s’abandonnent sur le My Sound des Squarepusher
Des compilations que l’on espère atemporelle et un coffret Warp20 (Box Set) qui vous fera regretter l’ère du numérique. Courrez donc vous l’offrir alors qu’il vous reste un peu de sous avant que ce satané Père Machin pointe le bout du nez.

Warp20 (Box Set) chez Warp.
Sortie le 28 Sept 2009.

Squarepusher - My Red Hot Car



Chronique: The Raveonettes – In And Out Of Control – 3.0/5

COVERwithSPINELes Raveonettes ont toujours été pour moi une énigme. Celle d’un groupe capable d’user de la distorsion à faire pâlir My Bloody Valentine tout en flirtant dangereusement avec ces mélodies mièvres propres à exploser les Charts. De fait, on plonge dans cet In And Out Of Control en retrouvant les Raveonettes la frange au milieu sur une pop bien proprette. Et pourtant il y a bien quelque chose qui cloche quand on se retrouve à reprendre tout guilleret dans sa salle de bain Boys Who Rape Should All Be Destroyed .
Une nouvelle fois Sune Rose Wagner et Sharin Foo jouent avec nos nerfs et sous couvert d’une pop trop carrée et d’une voix d’une insouciance crasse nous parlent de viol, de violences conjugales, d’amour perdue et de suicide. Le Bang du titre initiale aurait dû nous mettre sur la piste. Ces deux-là s’amusent à nous faire baisser la garde pour nous enfiler uppercuts sur uppercuts, le sourire aux lèvres et en dodelinant de la tête.
Mais voila, l’esprit simple que je suis du mal à trouver une cohérence à cette affaire là et il n’y a guère que sur ce Break Up Girls ! que je sens une réelle adéquation entre le son et les textes. Les Danois ont fait le choix de passer des mois en studio à peaufiner cet album, laissant de coté une urgence et une saveur acidulée qui auraient donné du crédit à ces paroles d’une violence extrême. En osant une référence culinaire, tout ça ressemblerait presque à un curry douceâtre dans lesquels on aurait oublié de rajouter le truc qui pique.

In And Out Of Control chez VICE Music.
Sortie le 06 Novembre 2009.

The Raveonettes - Last Dance



Chronique: The Mountain Goats – The Life Of The World To Come– 2.6/5

The_Mountain_Goats.jpgJe me souviens de certain commentaires amusés suite à la programmation du rock chrétien de Danielson dans un précèdent Midzik. Soucieux de continuer à redorer mon image de bon garçon, je ne pouvais décemment pas passer à côté du nouvel album de The Mountain Goats.
John Darnielle a depuis longtemps pris le parti de mettre l’écriture au centre de ces productions, contant d’un album à l’autre la vie de personnages déroutant. Rarement les textes de l’américain s’étaient voulus autobiographique et c’est sous cet angle nouveau qu’il nous livre un The Life of The World introspectif et mystique. 12 titres comme autant d’expériences personnelles rattachées à des passages de la bible. Il fallait oser et rien que pour ça, cet album méritait qu’on s’y intéresse.
En guise de fil conducteur, on retrouve ces compositions aux dépouillements extrêmes, Darnielle s’accompagnant lui-même d’une guitare sèche et d’un piano sur la plupart des morceaux. L’exercice se révèle extrêmement périlleux et à vrai dire guère excitant. Tout est propre et sent l’encens mais apparaît terriblement aseptisé à la manière de The National ayant ravalé leur impertinence. Reste la voix de Darnielle qui réussira à nous réanimer sur un Psalms 40:2 étonnant pour retomber sur Romans qui résume à lui seul mon sentiment sur cet album : « Believe with your heart and confess with your lips, surely you will be saved” … sans déc?

The Life Of The World to Come chez 4AD.
Sortie le 06 Novembre 2009.

The Mountain Goats - Ezekiel 7



Chronique: The Flaming Lips - Embryonic -3.8/5

The_flaming_lips.jpgUn double album des Flamings Lips dans les bacs et un doux frisson s’empare des officionados du groupe d’Oklahoma confrontés à l’habituelle incertitude «sera-t-il question de plaisir ou uniquement de psychédélisme indéchiffrable? ». Il était entendu que ce nouvel opus s’attaquerait par la face nord, il ne peut en être autrement avec les américains, nous promettant une bonne dose de sueur et de vertiges sans savoir si la lumière apparaîtrait au sommet.
Chassons de suite le suspens insoutenable, Embryonic est difficile d’accès et il faudra une sacrée dose de ténacité aux plus persévèrent pour en faire un album référence. Il va sans dire que les Flamings Lips vont une nouvelle fois au-devant d’un magistral flop commercial, qui « oh surprise ! » ne semble pas avoir compromis le soutien de la Warner ... jusqu'à maintenant. Bref, tout ça ressemblait à un terrible appel du pied pour le maso que je suis, prêt a souffrir pour recueillir le fruit d’une jouissance éternelle (ok, j’en fais trop !). L’expérience fut à la hauteur des espérances... rude et enivrante.
Rude, car la première écoute d’Embryonic m’a au mieux agacé, au pire donner envie de crier au foutage de gueule. Enivrante, car on ne peut pas passer dix fois sur Powerless, Evil, The Sparrow Looks Up At The Machine sans y voir des monuments de pop psychés.
Embryonic, c’est quelques heures de souffrances, en s’approchant pas à pas d’un Graal qui se révèle au fur et à mesure des écoutes. Un album parti pour durer, snober les ondes radio à la maniere du Kid A des Radioheads, pour finir tout en haut de notre étagère. Celle qui collection les disques incontournables dont on n’a surtout pas envie d’expliquer pourquoi on les aime !

Embryonics chez Warner Bros.
Sortie le 13 Octobre 2009.

The Flaming Lips - I Can Be A Frog



Chronique: Yo La Tengo – Popular Songs – 3.6/5

Yo_La_Tengo.jpgJ’ai presque eu peur! Prêt à se dire que tout fout camp, qu’à une autre époque c’était autre chose, et que ce bon dieu de business avait fini par rattraper les Yo la Tengo après 23 ans de résistance.
Bon soyons honnête, j’ai pas vraiment eu peur (juste jouer un peu) et pas eu le temps de sortir le costume du vieux « con » battant avant de comprendre que de « chansons populaires » il ne serait pas question sur la 16 eme production des américains. Il suffit de se pencher un peu sur ces trois derniers morceaux des irréductibles pour s’offrir une bonne poillade de 35 minutes qui restera, au mieux, un essai obscur pour la plupart d’entre nous.
Je n’irais pas jusqu'à insulter le microcosme rock inde en présentant Ira Kaplan, Georgia Hubley et James Mc New. Yo La Tengo est inclassable parmi les inclassables, un terrain vague où se côtoie le noisy le plus punk à la pop que l’on fredonnerait presque à l’église le dimanche matin. Le fil conducteur ? Une classe inimaginable. L’impression que tout est à sa juste place et que chaque morceau trouve l’équilibre parfait clavier, violon, percussions à l’unisson de trois âmes qui fusionnent. On en viendrait presque à s’arrêter de respirer sur les sublimes Avalon or Someone Very Similar ou Nothing to Hide de peur que l’édifice s’écroule.
Bien sur YLT n’en est plus à faire des compromis (en ont-ils jamais fait?) et leur démarche expérimentale jusqu’au-boutiste à fini par me perdre sur la deuxième moitie de l’album. Restera de « Popular Songs » le souvenir d’un voyage en haute altitude, juste un peu trop court à mon goût.

Popular Song chez Matador
Sortie le 08 Septembre 2009

Yo La Tengo - Avalon Or Someone Very Similar



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